jeudi 22 octobre 2009
SATISFAITS et REMBOURSES ..
M. de ROMANET, directeur général de la CDC, nous a dit (en substance): Devant l'essor considérable de la création d'entreprises en France, il faut désormais s'attacher davantage à leur pérennité et leur développement.
Un dirigeant d'OSEO nous indiquait que, à son avis, la mise en place des PCE (Prêts à la Création d'Entreprise) avait en son temps dynamisé le mouvement de création d'activités et permis de consolider ces jeunes structures.
J'en conclus:
Nous pouvons être satisfaits devant cette explosion des créations d'activité, mais devons parallèlement rester très volontaires pour armer au mieux ces micro-créations en les équipant de financements raisonnés.
Comment "doper" le taux de 25% d'accès au crédit relevé pour les créations de micro-entreprises, notamment par des personnes précarisées, et le rapprocher des 70% constatés chez les entreprises plus importantes?
vendredi 16 octobre 2009
FROM GROUP LENDING TO LENDING BY A GROUP
From Group Lending to Lending by A Group
By Christophe Villa and Nurmukhammad Yusupov
Theoretical literature on microlending has focused on the case of a single monopolistic MFI despite extensive evidence that multiple banking relationships are widespread among small businesses. Indeed, in France and many other countries, microcredit is being offered in syndication by the local governmental agencies, commercial banks and specialized microfinance institutions at the same time.
This paper develops a theoretical model of microcredit with multiple financial institutions to offer an explanation for the complexity of modern microcredit services. The paper argues that syndication of capital by a specialized MFI, such as France Innitiative (http://www.france-initiative.fr) which offers microfinancing bundled with screening and monitoring tasks, and a traditional financial institution offering capital constitutes Pareto improvement for all participants as opposed to the classical case of a single MFI. The key to the superiority of multiple lender setting is the heterogeneity of the types of financial institutions. A specialized MFI has informational advantage in offering microcredit over non-specialized financial institutions. By teaming up with a non-specialized bank the MFI is able to ease its budget constraints. By taking on junior debt, the MFI is able to increase the interest rate earned on microcredit by lending to the same types of borrowers that it would lend to operating on its own. From the bank's standpoint, by teaming up with the MFI it is able to efficiently outsource monitoring tasks.
Although the discussion in the paper is around financing institutions the idea of the paper applies to a wider variety of institutions. In reality participation in microcredit goes beyond simple provision of capital. For example, there are institutions that participate by providing their expertise, e.g. Micromentor (www.micromentor.org) in the US, or loan guarantees and screening, e.g. France Active (http://www.franceactive.org).
In a broader perspective of economics, the paper is related to the literature on multiple lender financing. It can also be viewed from the standpoint of the literature on cross sector partnership.
jeudi 1 octobre 2009
TROIS VOIES A DEFRICHER ?
Au stade actuel des travaux de notre Programme, je discerne trois voies permettant aux différents acteurs de la microfinance de répondre à la forte demande potentielle en France* :
1) : définir, recenser, suivre, évaluer,... l’activité de microcrédit, l'insertion bancaire... Aujourd’hui, le roi est bien peu vêtu en la matière: comment parler le même langage sans cela?
2) : mieux connaître et comprendre les personnes susceptibles d’être concernées, leurs attentes, représentations, etc. afin de mieux communiquer et adapter l’offre. C'est une question de respect autant que d'efficacité économique.
3) : expérimenter ou utiliser les divers assemblages concevables ou existants entre les rôles des banques et ceux d’organismes spécialisés : financiers ou d’accompagnement, associatifs ou publics**.
Il y a encore d'autres pistes: Ces trois là traduiraient à mes yeux une forme d'intérêt, voire d'engagement, de la communauté financière au sens large.
Mon vœu est que le colloque sur le microcrédit professionnel organisé le 19 octobre par la CDC en partenariat avec le REM et l'AVISE permette d’aborder ces questions.
*: article sur le blog du 2 juin, développé dans la Revue Banque de juillet.
**: « From group lending to lending by a group » par C. Villa et N. Yusupov, consultable sur http://www.microfinance.audencia.com; il sera présenté au 7th PARIS FINANCE INTERNATIONAL MEETTING;
dimanche 13 septembre 2009
UN PEU ENERVANT, NON? A LITLE ANNOYING, RIGHT?
I find irritating, especially as it’s unfounded, the far too common generalisation that regroups microfinance actions as a kind of exercise in cheap banking, with undertones of a cottage industry, representing the friendly face of the financial mainstream.
First, let’s not forget that this is one of the oldest professions in the world (...)
Seriously, when we observe the practices of MFIs we find true professionalisms: in the depth of customer relationships and knowledge of their environment, in the perception of the strengths and weaknesses of their projects, in the adequacy of funding and in the methods of verification, monitoring and recovery.
As a former banker, I wonder if we should not draw on some specifics of microfinance in order to feed a process of reflection and innovation into the ways we do this job?
MICROFINANCE IS NOT SMALL FINANCE!
Je trouve irritante, et surtout infondée, cette attitude trop répandue qui aborde les métiers de la microfinance comme une sorte d'exercice de la banque au rabais, vaguement artisanal, excroissance sympathique de la finance classique.
D'abord, on oublie qu'il s'agit là de l'un des plus vieux métiers du monde (...).
Plus sérieusement: A bien observer les pratiques des IMFs, on y trouve de vrais professionnalismes: Dans la profondeur de la relation avec le client et de la connaissance de son environnement, la perception des atouts et faiblesses de son projet, l'adéquation du financement, ainsi que dans les méthodes de vérification, de suivi, de recouvrement.
J'ai été banquier: Je me demande si on ne devrait pas s'inspirer de certaines spécificités de la microfinance pour alimenter un travail de réflexion et d'innovation sur nos façons de faire ce métier?
LA MICROFINANCE N'EST PAS DE LA PETITE FINANCE!
samedi 18 juillet 2009
MICROFINANCE BANANA SKINS - ACTE II

dimanche 7 juin 2009
MILAN : Conférence de l'EMN
Toujours une excellente ambiance, épaulée par la présence de nombreux jeunes pleins d'enthousiasme. Une organisation conviviale et sans faille. Et des rencontres individuelles pleines d'intérêt.
D'où vient ce sentiment de "déja vu"?
Le thème central est la croissance de la microfinance en Europe de l'Ouuest, mais l'on continue à beaucoup discuter de "subsidy versus sustainibility" et l'on s'interroge relattivement peu sur les raisons de la trop faible activité actuelle, sur les attentes spécifiques des clients potentiels, sur les chemins menant au contact avec la "base de la pyramide", etc.
Conclusion:
mardi 2 juin 2009
DES CHIFFRES SVP !
C'est bien simple:Elle s'élève à près de 120 000 prêts par an à des personnes précarisées créant leur entreprise.
A comparer à une offre actuelle un peu supérieure à 30 000.
Le constat est probablement du même ordre dans l'ensemble de l'Europe de l'Ouest.
Voila, j'espère avoir répondu pour partie. Il y aurait beaucoup à dire, sur les causes, sur les solutions possibles, etc. L'étude sera prochainement intégrée au Site http://www.microfinance.audencia.com/.
vendredi 29 mai 2009
FORTE DEMANDE POTENTIELLE EN FRANCE
J'ai souvent évoqué cette question dans le Blog. Aujourd'hui, l'équipe de notre Programme de Recherche-Action en Microfinancements a développé une méthode d'estimation, qui confirme largement l'intuition initiale (partagée par de nombreux acteurs):
A considérer les prêts professionnels inférieurs à 25 Keuros en création d'activité par des personnes précarisées, les réalisations actuelles mériteraient en théorie d'être multipliées par 4!
Bien sûr, toutes les hypothèses sont discutables, mais ce travail nous incite à approfondir les questions sur le "pourquoi" et le "comment": comment faire progresser plus rapidement les chiffres?
Pour ma part, je ne vois pas d'obstacle insurmontable dans le "pourquoi", et je crois que la solution au "comment" passera par une implication accrue des banques, conscientes de leurs responsabilités et coopérant avec les organismes spécialisés comme l'Adie.
La crise actuelle peut-elle provoquer une réaction positive?
jeudi 23 avril 2009
Visites d'IMFs au Royaume Uni
Nous avons ainsi fait la connaissance de Fair Finance qui travaille dans les quartiers défavorisés de Londres puis de First Step, une intsitution de microcrédit nationale en Irlande.
Fair Finance travaille à une échelle locale dans un quartier populaire. L’institution propose des microcrédits personnels (personal loans) et des microcrédits professionnels (business loans) qui représentent un tiers de la valeur du portefeuille total. L’association propose également un accompagnement pour sortir de situation de surendettement. En effet, l’accès au crédit bancaire est un véritable parcours du combattant et c’est ainsi que les échoppes et les prêteurs de porte à porte offrent des crédits à des taux annuels de 100% et même de 1 300% ! par des usuriers permettant les remboursements journaliers.
Que ce soit à Dublin ou à Londres nous avons été frappés par la différence d’approche du microcrédit par rapport au contexte français. La définition du microcrédit professionnel est clairement la suivante : « non bankable ». Les institutions de microcrédit permettent l’accès au crédit aux personnes qui ne peuvent pas avoir de crédit auprès des banques. Les personnes en situation précaire ne constituent pas une cible privilégiée, bien que ce soient souvent elles qui de facto se tournent vers le microcrédit.
First Step ne demande aucune garantie de façon obligatoire et stricte bien qu’elle attende des futurs clients une preuve de leur engagement et de leur motivation grâce à un « apport » personnel (qu’il s’agisse d’une aide sociale, de la souscription à une assurance, d’un bien d’équipement comme une camionnette…). Fair Finance n’exige aucune garantie pour octroyer un prêt, seuls le business plan et la personnalité de l’individu sont pris en compte.
C’est que l’on fait confiance à une personne parce que l’on croit en la réussite de son projet…
Florence Bacin ,
jeudi 26 mars 2009
VISITES A DES IMFs EN AFRIQUE
Notre Programme de Recherche-Action en Microfinancements a engagé une enquête sur les bonnes pratiques en maîtrise des risques (facteur prédominant de viabilité financière d'une IMF).
Je rentre de 3 visites en Afrique sub-sahélienne: Un grand merci aux Institutions qui ont bien voulu nous recevoir. J'espère que le rendu des travaux saura les intéresser.
Avant cela, j'ai noté quelques remarques générales:
1: l'intensification, un peu partout, des relations avec les femmes commerçantes. Leurs besoins sont modestes mais leur nombre important. Par ailleurs,je retrouve une des dames tisseuses dont j'avais suivi la création d'une société de caution mutuelle: Elles ont pu adopter des métiers à tisser de bonne largeur, progresser dans la qualité des teintures et des motifs: Les ventes sont bonnes, elles remboursent sans le moindre incident: à ses yeux, le microcrédit a joué le rôle de facteur déclenchant le progrès.
2: a contrario: "Institution de Microfinance" ne rime pas totalement avec "activités de microfinancement":
Les IMFs s'appuient sur des ciblages de clientèles (fonctionnaires, salariés, PME,..) , et des montants unitaires, qui débordent du microcrédit à de tous petits entrepreneurs pauvres. On me dit par exemple: "L'urbain paye pour le rural", ce que je comprends aisément.
Mais cela rend plus prudent quand aux chiffres mondiaux de la microfinance.
3: la dépendance à l'égard des banques commerciales: les IMFs ont besoin des banques - de plus en plus concurrentes - pour leurs refinancements bien sûr, mais aussi leurs placements, et les services à la clientèle tels la compensation des chèques. Un groupe d'importantes IMFs construit une Confédération qui pourrait bien marquer une étape dans l'évolution du secteur.
Pardon d'être aussi long, mais ces visites sont une vraie chance de s'enrichir mutuellement!
samedi 7 février 2009
L'AUTOENTREPRENEUR

mercredi 4 février 2009
LA FOLLE JOURNEE A NANTES

mardi 30 décembre 2008
MIEUX COMPRENDRE
Mieux comprendre les raisons de l'écart considérable en France entre la demande potentielle et l'activité constatée*: Notre Chaire a fait réaliser une enquête qualitative sur les freins et leviers au développement de la micro-activité et du microcrédit dans un quartier défévorisé à Nantes.
Le paysage ainsi esquissé s'avère plutôt sombre:
Beaucoup de personnes auraient certes envie de créer leur propre activité, elles ont une bonne opinion des créateurs, mais elles s'expriment sur un mode plus proche du rêve que du projet.
En tout état de cause, elles reculent devant les obstacles, parmi lesquels le premier réside dans l'impossibilité de "savoir à qui s'adresser" malgré - ou à cause de ? - la profusion d'organismes sensés les appuyer.
Le microcrédit reste pratiquement inconnu. Une fois expliqué, il recueuille toutefois un certain coefficient de sympathie.
Une restitution plus complète des résultats de l'enquête est disponible sur le site http://www.microfinance.audencia.com/ .
Pour ma part, j'en retire le sentiment qu'il conviendrait de s'appuyer davantage sur les sensibilités et les aspirations des personnes susceptibles d'être concernées par la création de leur propre activité.
"Plus la piste est longue, plus compte le premier pas" (proverbe Burkinabe).
*: à consulter: Très bonne étude de l'ADIE sur la demande potentielle en France:
http://www.adie.org/presse/etudesdispo.php
samedi 20 décembre 2008
DECISIONS POUR UN PROGRAMME
Le constat s'avère plutot encourageant: Deux années de travaux scientifiques pour étudier l'application à la microfinance des théories économiques modernes ont permis au travers de divers "papiers" d'en cerner certaines spécificités marquantes et une partie des facteurs-clé de succès, tandis qu'était lancée avec l'Adie et la Banque Populaire Atlantique une expérimentation originale sur un quartier défavorisé à Nantes.
Pour 2009, le focus sera mis sur les voies de développement de la micro-activité et du microcrédit en France, en conservant un bon support académique ainsi que l'éclairage des réalisations dans le monde. Un effort de communication sera entrepris, notamment via le Site http://www.microfinance.audencia.com/.
Ce Programme est original à bien des égards: fondé sur un partenariat entre une Grande Ecole et un Groupe Bancaire, il fait appel tant à des chercheurs qu'à des praticiens, et vise à des résultats aussi bien opérationnels que académiques.
Dans l'actualité financière économique et sociale , ses membres sont extrèmement déterminés à "pousser les feux",
et veulent croire à une année 2009 propice aux micro-entrepreneurs pauvres en France et dans le monde!
lundi 8 décembre 2008
M. YUNUS, M. HIRSCH, et HEC: "Quand la mer monte, tous les bateaux montent"?


Ce 6 décembre, le théatre Marigny est plein à craquer. HEC lance sa chaire "Social Business / Entreprise et Pauvreté", co-présidée par Martin HIRSCH et Le professeur YUNUS, qui nous racontent des choses passionnantes dans le contexte de crise financière.
J'en retiens surtout ( en vrac):
"Quand la mer monte, tous les bateaux montent"? Hmm...Le libéralisme économique a certes généré une prospérité assez généralisée, mais débouche sur une crise grave, qui affectera principalement les plus pauvres.
La micro-activité et le microcrédit sont enfants du libéralisme, qui prône l'esprit d'entreprise, tout en affichant leur spécificité: leur formidable développement repose historiquement sur un objectif double, à la fois économique ET social: M. Yunus propose le concept de "business social": la performance au bénéfice de tous. Un exemple pour une future version du libéralisme?
Dans la crise, ce sont les plus prestigieuses institutions financières qui ont disparu, pas les IMFs. Il est encore trop tôt pour les imaginer à l'abri de la contagion, mais on peut, face à la faillite des exigences règlementaires et des systèmes de contrôle, se demander où la confiance est la mieux placée? précisément, la gestion à double objectif économique ET social se révéle un excellent garant vis à vis des épargnants.
Le microcrédit, c'est le contraire des subprimes: Il s'agit de financer l'initiative économique des pauvres, et pas leur sur-endettement spéculatif !
Mais laissons au microcrédit son humilité, sa discrétion, sa souplesse, sa créativité.
Et sa simplicité.
Une grande ovation clôture la séance; ces thèmes mobilisent un public ouvert et soucieux d'agir dans la crise!
Autre chose: C'est un vrai plaisir de vous annoncer l'ouverture du Site de notre Chaire en Microfinance: www.microfinance.audencia.com (cf lien ci-joint).
Bonne visite,
et joyeux noël!