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lundi 12 mars 2012

INVITATION

                                                   Thème de la réunion:

                             Repenser la Microfinance
                                  Les leçons de la crise du microcrédit dans le monde

A partir d’une étude de terrain menée en 2011 dans trois pays emblématiques de la crise du microcrédit dans le monde (Maroc, Bosnie Herzégovine, Inde), et avec l’appui de divers travaux académiques, la chaire des Banques Populaires en Microfinance à Audencia Nantes Ecole de Management livre ses résultats sur l’analyse de cette crise et de ses conséquences pour le secteur de la microfinance dans le monde et en France:

Des causes souvent évoquées, et confirmées ou relativisées par l'étude :
 Une croissance excessive et mal maitrisée, se heurtant à un marché en voie de saturation.
 La crise économique et financière, l’intervention des gouvernements apparaissent plus comme des facteurs aggravants.
L' étude a surtout permis de mettre à jour le rôle important joué par le comportement (mais aussi son changement) des différents acteurs de la Microfinance, principalement celui des clients et des agents de crédit.

Les mesures de prévention ou de redressement, l’anticipation des crises,
 paraissent envisageables de façon réaliste ; toutefois, il faut être conscient qu’elles conduisent à de nouvelles interrogations et des modifications profondes dans l’exercice du métier:
- Clarification de l’objet entre les réponses à des besoins professionnels ou personnels
- Recentrage de la politique autour du client
- Professionnalisation des Institutions et de leur management.

C’est nous semble t-il la voie à suivre pour que le secteur puisse poursuivre, voire amplifier dans les pays développés, la réalisation de sa mission auprès des personnes pauvres ou précarisées.

 
Presentation Summary

               Rethinking Microfinance

                                              The lessons of the crisis of microcredit all around the world


From a field study conducted in 2011 in three emblematic countries about the crisis of microcredit in the world (Morocco, Bosnia Herzegovina, India), and with the support of various academic works, the Chair of Banques Populaires in Microfinance at Audencia Nantes School of Management delivers its results on the analysis of this crisis and its implications concerning the microfinance sector worldwide and in France:


Causes are often mentioned, and confirmed or relativized by the study:

-Overgrowth and poorly controlled, colliding with a market approaching saturation.
-The economic and financial crisis, government intervention appear more as aggravating factors.


The study has especially helped to update the important role played by the behavior (but also its changes) of the different actors of Microfinance, primarily that of clients and loan officers.


The preventive or corrective, anticipating crises, measures:

They appear feasible in a realistic way, but be aware that they lead to new questions and profound changes in the performance of business:

- Clarification of the object between the responses to business or personal needs
- Refocusing policy around the customer
- Professionalizing institutions and their management.

 
This seems the right way for the sector to go forward, continuing and even expanding in developed countries, for the achievement of its mission for the poor or precarious people.

mardi 21 février 2012

BEAUCOUP DE QUESTIONS ! A LOT OF QUESTIONS !




C’est une croissance excessive qui est à l’origine des difficultés rencontrées par de nombreuses IMFs dans le monde, nous dit-on: J’ai tendance à le croire certes, mais je répugne à l'accepter tel quel, d'où de nombreuses questions:

Pourquoi le développement  rapide des premières années de la microfinance s’est-il effectué sans incidents majeurs ?

Comment une croissance forte sur un marché très ouvert devrait-elle accroître les risques ?

Faudrait-il juguler le développement de la microfinance, ne plus faire de prêts pour ne plus avoir de risques?

Vos avis m’intéressent !





It is an overgrowth that caused  the challenges faced by many MFIs in the world, we are told, and I tend to believe it but I find it difficult to bring myself to the consequences and find many questions:


 Why did the fast development of the early years of microfinance go on without major incident?

How does a strong growth on a very open market can increase the risk of default?

If you must stop the growth, you just don't lend any more? ...

 
Your opinions interest me!

vendredi 23 décembre 2011

VOEUX - GREETINGS

Formulons ensemble tous nos voeux pour que l'année nouvelle apporte aux personnes pauvres qui s'engagent dans leur propre activité économique tout ce qu'elles peuvent en espérer,

et que les efforts des Institutions de Microfinance et de leur environnement soient couronnés de succès.

Let’s formulate all our best wishes for the New Year brings poor people who engage in their own economic activity all they can hope for, and that the efforts of Microfinance Institutions and their environment are to be successful.

jeudi 8 décembre 2011

SAVING OR BORROWING ? EPARGNE OU CREDIT ?

There is a very interesting paper - among others  submitted to the 4th International Seminar for Research in Microfinance - which was presented by Kumar Aniket from Cambridge University under the title : « Beyond Microcredit : Giving the poor a Way to Save their Way out of Poverty ».

It shows that an MFI which offers saving products as well as microcredit is better able to grow, especially among the poorest.
A good example is the preliminary saving effort of a person who wishes to borrow and is not yet able to do it.

Applied to the practice of MFIs, the assumption is easily verifiable, and even more, because it reduces the risks of asymmetric information and moral hazard, in a balanced and sustainable relationship.

The paper does not bring up the regulation limits imposed  to many institutions, on behalf of investors protection:
Should be nice to go on  and have the regulators know the paper?

Jean-François Moulin.


 
C’est un papier très intéressant –parmi d’autres soumis au 4ème Séminaire International de Recherche en Microfinance – que nous a présenté Kumar ANIKET, de l’Université de Cambridge,
Sous le titre : « Beyond Microcredit : Giving the Poor a Way to Save their Way out of Poverty »

Il parvient à démontrer que une IMF offrant tant des produits d’épargne que du microcrédit est la mieux à même de se développer, notamment auprès des plus pauvres.
Un bon exemple est celui du parcours préalable d’épargne accompli par une personne qui souhaite emprunter un jour et n’en n’est pas encore capable.

Appliquée à la pratique des IMFs, l’hypothèse est aisément vérifiable, et même au-delà, car elle contrebalance les risques d’asymétrie d’information et de hasard moral, au sein d’une relation équilibrée et durable.

Le papier n’évoque pas les limites imposées par la réglementation à beaucoup d’Institutions , au nom de la protection des épargnants :
 Peut-être un travail à poursuivre, et faire connaître aux Régulateurs ?

Jean-François Moulin.

mardi 29 novembre 2011

LA RECHERCHE EN MICROFINANCE EST BIEN EVEILLEE ! THE MICROFINANCE RESEARCH IS QUITE ALERT !



Cinquante papiers reçus, vingt sélectionnés et présentés, ces 24 et 25 novembre à Audencia-Nantes, Business School, dans le cadre du quatrième Séminaire International  organisé cette année par notre Chaire, après l’université de Groningen l’an dernier.

 j’ai été séduit par l’ambiance – studieuse et décontractée à la fois – par la diversité des intervenants et de leurs origines, et par les méthodes de travail coopératif, chaque auteur soumettant son travail à la critique – parfois très directe – de ses pairs.

Je reviendrai sur ce que  j’y ai acquis, mais ne résiste pas à la tentation de donner une idée de cette riche diversité :
14 Universités, une banque centrale africaine, la Banque Mondiale ;  10 pays sur 3 continents et encore plus de nationalités de chercheurs...

Trond RANDOY – Norvège -, un des principaux animateurs de cette rencontre, me confiait que à son avis celle-ci n’avait pas d’équivalent aujourd’hui dans le monde.

C’est très encourageant !

Jean-François Moulin.

 






 Fifty papers received, twenty selected and presented on November 24 - 25 at Audencia-Nantes, Business-School, in the 4th International Seminar organized this year by our Chair, after the University of Gröningen last year.


I was seduced by the atmosphere – relaxed as well as studious – the diversity of participants and their origins, the methods of collaborative work, each author submitting his paper to criticism – sometimes very direct - of his peers.

I will return to what I learned, but I cannot resist the temptation to give an idea of the rich diversity:
14 Universities, an African Central bank, the World bank, 10 countries on three continents and many more nationalities of researchers…

Trond Randoy - from Norway –, a main leader of the event -, told me that in his opinion there is no equivalent in the world today.

That’s quite  encouraging, isn’t it ?

Jean-François Moulin

mardi 9 août 2011

ZENO et la HAUTE FINANCE ; ZENO and the FINANCIAL MAINSTREAM.


J’ai retrouvé ZENO, notre ami, personne pauvre, qui il y a un an combattait pour sa survie.
Son affaire a un peu décollé.

Voici peu, il a rencontré monsieur Le Marché : Plutôt condescendant : du style « Mon brave homme, vous devriez vendre et venir avec nous… ».

Aujourd’hui, nouvelle rencontre et autre discours : « vous savez, dans la Haute Finance, on est complètement déboussolés ; et vous, comment faites-vous avec la microfinance ? »

ZENO a répondu : « en fait, c’est juste une affaire d’hommes ».



I met ZENO, this poor people friend who was struggling for life last year : His business developped a bit.

Some time ago, he went with Mr Market, a rather patronizing gentleman, who was telling him: “My dear, don’t you think you should sell and come with us?...”

And today was an other song: “ Well,  we feel rather confuse about Financial Mainstream nowadays, you know; don’t Microfinance might light the way?”.

ZENO’s answer was : “as a matter of fact, it is just a human work”.

mercredi 20 juillet 2011

CRISE DES RISQUES EN MICROFINANCE ? MICROFINANCE RISKS CRISIS ?

On en parle très peu* :
Pourquoi serait déjà une intéressante question.

La réalité est que un nombre non négligeable d’Institutions, voire de secteurs entiers de la microfinance dans certains pays, viennent de traverser ou subissent actuellement des crises sévères sur leurs risques de crédit.

J’ai mes interrogations :  
Qu’est-ce que cela nous révèle sur le microcrédit ?
Est-ce que d’autres Institutions sont susceptibles d’être affectées ?
Quelles mesures de redressement ? quelles stratégies de prévention ?

  • : Le CGAP et le Center For Financial Inclusion ont tout récemment publié.



There are few comments about the  topic*.
“Why?” should be an interesting question.

In fact, many Institutions, let say even entire miccrofinance sectors in some countries, went through or are nowadays in trouble about their credit risks.

What can we discover there about microcredit?
Are others Institutions up to be affected?
How to recover? How to prevent?

*: CGAP and Centger For Financial Inclusion published recently.




dimanche 5 juin 2011

EVALUATIONS RANDOMISEES D’IMPACT ; UNE QUESTION DE PERSPECTIVE? Randomized evaluation of impact ; a matter of perspective?

Je porte un grand intérêt et beaucoup de respect aux méthodes d’évaluation par échantillons comparés. D’autant que leurs prestigieux auteurs n’hésitent pas à aller sur le terrain d’une part, et à communiquer largement leurs résultats d’autre part.

D’où vient alors ce sentiment diffus d’une erreur de perspective ?

Il y a deux points qui mériteraient discussion :

1)       : On cherche l’impact du microcrédit sur les personnes qui en bénéficient : C’est une vision bien courte : Le microcrédit est un moyen pour le succès d’une entreprise, et l’entreprise est un moyen pour la réussite de la personne. L’analyse devrait donc comporter deux étages.

2)       :  Évaluer l’impact pour la personne en observant l’évolution de son niveau de vie est également bien « court » : Un créateur d’entreprise va, pendant une durée qui se chiffre souvent en années, consacrer une bonne part  des revenus de son activité à la pérennité de celle-ci avant sa consommation personnelle.

Au total, s’intéresser d’abord à l’impact du crédit sur l’activité?


I have great interest and  respect for the compared  samples evaluation methods (Randomising). Especially as their prestigious authors do not hesitate to go on the field, and largely communicate their results.

So where does come from  this vague feeling of a perspective error?

There are two points that deserve discussion, I think:

1-    1):  One are looking at the impact of microcredit on the people who benefit of it: This is so short a vision. Microcredit is a way for the success of a company and the company is a way for the success of a person. The analysis should therefore consist of two floors.
2-     2):  Assessing the impact for the person by observing the changes in his standard of living is also very “short”. An entrepreneur, for a frequently several years period , devotes a large share of his activity revenues  to the sustainability of it, before his personal consumption.

In total, let us focus first on the impact of microcredit on the economic activity, and after that on the personal improvement?



mardi 22 mars 2011

« MEGAFINANCE » ?




En forme de clin d’oeil…mais pas seulement :
La microfinance n’est pas si « micro » que le laisse entendre son appellation !

600 millions de bénéficiaires dans le monde, cela pèse lourd.
Pas en montants de $, mais en nombre de personnes, bien sûr.
Quelle est la Banque qui affiche 600 millions de clients ?
Certes, il n’y a pas d’entreprise unique de microfinance, et c’est heureux ; toutefois, le constat du poids de la microfinance ouvre sans doute à des considérations sur son organisation globale,
Et surtout sur la considération qu’elle mérite.


A light-hearted notion… but not so light-hearted may be:
Microfinance is not as ‘micro’ as one would think!

No one can deny that a 600 million clients is quite a hefty number.
Which bank can boast 600 million clients?
Of course, and happily, there is no single microfinance firm.  Such a  size does however raise questions about its global organisation.
And most of  all, about the credit it deserves.

jeudi 10 mars 2011

MICROFINANCE : LA REGLE DU 70/30 - THE 70/30 RULE




Y a t’ il une façon simple de comprendre ce qu’est une activité de microfinance ?
70% de banque et 30% de différents : C’est ainsi que je perçois concrètement ce métier.

 Vue dangereuse ?

-Pour les 70% bancaires : Le rôle d’intermédiation financière, le besoin d’une gestion rigoureuse, de contrôles efficients,  mais aussi les errements trop connus dans la distribution du crédit.
-Pour les 30% différents : Les spécificités des personnes pauvres et de leurs micro-activités, qui génèrent des méthodologies adaptées de crédit, d’inclusion financière et/ou de lutte contre la pauvreté ; les grands nombres et petits montants ; et parfois certains faux espoirs malheureusement.

La tendance a été propice aux 70%, sous l’appellation de professionnalisation. Beaucoup pensent que se sont ainsi accrus les risques d’éloignement  au regard de la mission sociale et sociétale d’origine.

Ceci dit, la Grande Finance ne devrait-elle pas elle-même s’assigner une mission d’intérêt général ?

C’est bien pourquoi la règle des 70/30 ne m’inquiète pas, au contraire : On doit pouvoir s’en inspirer avec pragmatisme dans de nombreux domaines : Réglementation, organisation professionnelle, risk management,  recrutements et formations, communication,…
Et y trouver une grille d’analyse d’évènements récents.



 THE 70/30 RULE

Is there some easy way to understand what is microfinance activity?
70% bank and 30% different: it’s how I see in practice the profession.

Dangerous view?

-For the 70% banking: The role of financial intermediation, the need for careful management, efficient controls, but also too familiar errors in credit distribution.
-For the 30% different: Specificities of the poor and their micro-activities that generate appropriate methodologies for credit, financial inclusion and/or fight against poverty, large numbers and small amounts, and sometimes unfortunately some false hopes.

The trend has been favourable to the 70%, through professionalization. Many believe that thus increased the risk of removal under the social mission and societal origin.

That said, Great Finance should it not itself set a mission of general interest?

That’s why the 70/30 rule does not worry me: It can inspire us with pragmatism in many areas: Regulation,  professional organization, risk management, recruitment and training, communication,….
And propose an analytical framework of recent events.






jeudi 24 février 2011

MICROFINANCE ET SOULEVEMENTS POPULAIRES : UN ESPOIR ? MICROFINANCE AND UPRISINGS: SOME HOPE?

Est-ce que la Microfinance a quelque chose à voir avec les soulèvements et révolutions qui apparaissent dans le monde ?

Je suppose que nombre d’acteurs de la microfinance et des pouvoirs publics se posent la question.
J’ai très envie de répondre que la création de micro-activités soutenues par  des financements appropriés constitue une réelle opportunité de réponse aux aspirations qui s’expriment.

Dans quatre domaines :
Le besoin de se réaliser et d’être reconnu grâce à l’autonomie entrepreneuriale,
La lutte contre la pauvreté,
Le fonctionnement décentralisé et démocratique de certaines IMFs,
L’impact sociétal à terme par émergence d’une classe moyenne.

On peut en outre espérer que une certaine libéralisation interne, une diminution de la corruption, créeraient un environnement favorable au développement d’une Microfinance convenablement régulée.

Si les pays industrialisés devaient décider d’une politique d’appui aux nouveaux régimes, il serait donc souhaitable qu’un volet « Microfinance » soit intégré à leurs projets.

La question est : comment ?




Does Microfinance have something to do with the revolutions and uprisings that occur in the world?

I guess  many microfinance players and governments are asking the question.
What I would love to reply is that the creation of micro-activities supported by adequate funding is a real opportunity in front of the aspirations that are expressed.

In four areas:
The peoples needs to fulfill and be recognised through entrepreneurial autonomy,
The fight against poverty,
The democratic and decentralised operations of some MFIs,
The medium term social impact thanks to the emergence of a new middle class.

We can also hope that some internal liberalization and reduced corruption, will create a favourable environment  for the development of properly regulated microfinance.

If industrialised countries should decide on a policy to support new governments, it would be preferable that a “microfinance” component be incorporated into their projects.

The question is: how?




mercredi 16 février 2011

EXCLUSION BANCAIRE - BANKING EXCLUSION

Ce 2 février, nous étions 200, dont un bon nombre de banquiers, à avoir répondu à l’invitation de Isabelle Laudier, responsable de l’Institut Caisse des Dépôts et Consignations pour la Recherche et de René Didi, directeur à la Fédération nationale des Caisses d’Epargne.

C’est Georges Gloukoviezoff qui présente son ouvrage « L’exclusion bancaire : Le lien social à l’épreuve de la rentabilité ».
Enfin ! voici une analyse fondamentale – valable surtout en pays développé – sur cette expression à laquelle se réfère souvent la Microfinance à l’appui de sa raison d’être : permettre l’accès au crédit pour les exclus du système bancaire.
GG estime leur nombre en France à 5 ou 6 millions, en s’appuyant sur une définition relativement extensive, mais bien argumentée.
La table ronde qui suit sa présentation va particulièrement s’attarder sur le besoin – ou non – de légiférer à cet égard.

Pour ma part, j’ai trouvé là une confirmation du comportement d’auto-exclusion que nous avions détecté dans une enquête de terrain : La situation relationnelle que doit affronter notre ami ZENO, personne pauvre voulant créer son activité, est telle qu’il se retire parfois de lui-même sur ses positions.

En revanche, je pense que, si la politique de régulation de l’activité bancaire a ses vertus, elle s’inscrit dans une logique de contrainte qui risque de se révéler insuffisante et être contournée ; il faut me semble t’il lui associer une approche plus constructive :
Il s’agit alors de réfléchir avec les banques sur leurs intérêts bien compris, à  la fois économiques et sociétaux. Leur conviction politique qu’il y va de leur avenir à moyen et long terme sera bien nécessaire pour s’attaquer à toutes les difficultés pratiques  à résoudre !

February 2nd: 200 of us, including a good number of bankers, had accepted the invitation of Isabelle Laudier, head of the Research Institute of Caisse des Dépôts et Consignation and of René Didi, Director of  Federation Nationale des Caisses d’Epargne.
George Gloukoviezoff presented his book “Banking exclusion: the social bond under pressure from profitability.”
At last, here is a fundamental analysis – especially valuable in developed countries – on that formula  often used to justify the raison d’être of Microfinance:  providing credit access to those people outside of the banking system.
GG estimates their number in France at 5 or 6 million, based on a relatively broad but strongly argumented  definition.
The roundtable presentation that followed his presentation dwelled particularly on the need – or not – to legislate in this regard.
For my part, I found a confirmation of the behavior of self-exclusion that we detected through a  recent  field survey : The relational situation facing our friend ZENO, a poor person wanting to create a business activity, is such that sometimes the simplest thing for him is to retreat to some already established position.
However, I think, if the policy of regulating banking activity has its virtues (but it is a constraint that may be proved inadequate and then bypassed), it would be appropriate to associate it with a more constructive approach:
The question is thus to discuss with banks on their best interests, both economic and social. Their political conviction that it forms part of their future in the medium and long term will be necessary to address all the practical problems.
And it has not been demonstrated to date that a reasonable economic balance is unattainable for banking institutions, especially through others organisations partnerships.


lundi 3 janvier 2011

QUELLES SORTES DE VŒUX ? WHAT KIND OF GREETINGS ?

Chacun a adressé toutes sortes de voeux à ses proches.

Je pense à la Microfinance comme à une  vaste personne dont nous serions les  membres, et qui aurait trébuché récemment, et peut-être perdu un peu de sa confiance en elle.
Je lui souhaite,  et surtout aux personnes pauvres qu’elle sert, de vivre en pleine santé cette nouvelle année 2011.

Ce qui suppose que soit posé un bon diagnostic après les troubles constatés : Sans trop d’idéologie préalable, ni défaitisme, ni illusions : Une démarche clinique en somme,  modeste et pragmatique, où le réalisme servira un jour  les convictions.

Déjà rechercher si les symptômes traduisent une atteinte à caractère congénital ou plutôt une pathologie ponctuelle ; comprendre les facteurs causaux,  mesurer l’ampleur des dégâts, chercher les bons traitements préventifs ou curatifs, comparer avec les membres qui ont résisté. 


Qui veut s’y atteler ?

It’s the season when everyone has sent all kinds of wishes to friends and family.

I think of microfinance as a person with an impressive physique, of which we are the limbs, who has stumbled and perhaps lost some self-confidence. I wish her, and especially the poor people she serves, very good health in this new year 2011.

This implies a correct diagnosis of the problems encountered without a vision clouded by ideology, defeatism or delusions. In short, it should be a clinical, modest and pragmatic approach which allows realism to one day support beliefs.

We need already to examine if the symptoms are of a congenital character or more temporary pathological  in order to grasp the causes and effects, to measure the damages done, to find the right treatment to prevent or cure and to make comparisons with the limbs that have resisted.  

Who wants to tackle it?

jeudi 7 octobre 2010

COMITE DE BÂLE ET MICROFINANCE - THE BASEL COMMITTEE AND MICROFINANCE


Et oui, le Comité de Bâle s’intéresse aussi à la microfinance !
Et il publie ce mois d’août une version adaptée à la microfinance de ses Pincipes Directeurs pour une Supervision Efficace.

J’y découvre avec intérêt une approche raisonnable : Pondérer les efforts de supervision au regard des enjeux financiers modestes et des spécificités de la microfinance, former les régulateurs et superviseurs, définir le microcrédit.

J’y vois aussi  apparaître un concept intéressant d’activité : Quelle que soit la nature de l’Institution contrôlée – Banque ou IMF – c’est la partie d’activité consacrée à la microfinance qui est en cause, ce qui peut faciliter dans les banques l’adoption de règles relativement dérogatoires au regard de leurs obligations règlementaires habituelles.

Toutefois, les coûts de mise en conformité et de maintenance  vont  malheureusement alourdir les conditions d’exploitation des plus petites IMFs, notamment celles autorisées à collecter de l’épargne, qui risquent de devoir les répercuter à leurs clients pauvres alors même qu’elles sont les plus aptes à développer leur inclusion financière.

Sans doute devrait-on réfléchir ici au rôle que peuvent jouer des Fédérations d’Institutions, tant envers leurs adhérents que en direction des Régulateurs ?



Yes, the Basel Committee (BCBS) shows an interst in microfinance !
They published in August a microfinance suited version of their Principles for an Efficient Supervision.

I find there a reasonable approach, balancing these efforts with the light financial stakes and specificities of microfinance, principally.

And a new concept of activity supervision which will apply whatever the status of the Institution is: bank or FMI. Thus, banks could apply specific rules, different from their usual regulations.

Anyway, this will unfortunately generate new costs, especially for savings collect autorised small MFIs, which are good financial inclusion agents.

May be one would think about MFIs Federations role?   


Post inspiré par l'article soumis à la Revue Banque par C. VILLA et L. SAILLARD, membres de la Chaire Banque Populaire en Microfinance à AUDENCIA-Nantes: www.microfinance.audencia.com.

jeudi 5 août 2010

LES BATAILLES DE LA MICROFINANCE (2)




On peut assimiler un créateur pauvre au combattant pour sa survie ou pour un gain décisif à ses yeux.

Appelons  ZENO la personne pauvre, ou plutôt la population pauvre, qui cherche à « s’en sortir » par création d’une activité économique.
Elle  doit déclarer une sorte de guerre à tous les obstacles qui se dressent sur sa route, que l’on nommera globalement l’ alliance FAITIS.

Aborder  la question sous un angle guerrier conduit à s’interroger sur les stratégies des adversaires :
ZENO veut gagner du terrain, alors que FAITIS cherche le statu quo.
ZENO a besoin d’un maximum de renseignements, de bien comprendre la position de FAITIS, ainsi que ses propres atouts et points de faiblesse à cet égard.
Compte tenu du rapport des forces, qui joue en sa défaveur, mais aussi de son rôle d’attaquant, la meilleure stratégie pour ZENO sera de faire la guerre sans la déclarer, de retourner certains membres de l’alliance, de se chercher des alliés, de se montrer très mobile et progresser par étapes, en sorte que FAITIS retirera  ses troupes.

La microfinance doit être analysée comme un élément clé de sa logistique.

Vue de l’esprit ? analogie douteuse ? vaine rhétorique ?
La simplification d’un post est vite abusive, mais à mon sens apparaît ici  une piste de réflexion que ne renieraient pas les sciences économiques.  

samedi 24 juillet 2010

LES BATAILLES DE LA MICROFINANCE (I)


Dans les combats que mène la Microfinance règne parfois une certaine confusion entre fin et moyens. 

Ne nous y trompons pas : C’est la création de microactivités par des personnes pauvres ou précarisées qui engendre les effets économiques et sociétaux recherchés.

La Microfinance est un moyen et n’est qu’un moyen. Ainsi, lutter pour sa soutenabilité financière est parfaitement légitime pour une IMF mais reste second au regard de sa stratégie.

Celle ci vise fondalement à donner la capacité de créer à des populations qui sans elle en seraient privées, et à procurer à ces créations  les assises financières porteuses de pérennité.

 D’où une bataille sur deux fronts :
-Vaincre un obstacle déterminant à la création d’entreprise, qui est la difficulté d'accès au crédit. La "démocratisation" du crédit contribuera à l’accroissement du nombre de créations.
-Pénétrer le champ des entreprises en cours de création,  leur "vendre" la microfinance, pour apporter par un crédit raisonnable à une proportion d’entre elles bien supérieure à ce qui est constaté (25% en France), l’aisance  d’investissement et de trésorerie qui fera leur succès.

Le bulletin de victoire devrait donc, en France et en Europe, comporter deux volets liés :
-Combien de créations supplémentaires ?
-Quelle proportion de créations  assises sur un microfinancement ?
et dans le temps un troisième aspect : quelle pérennité pour ces entreprises ?

Je me demande si ce ne sont pas là les critères premiers de l’impact de la microfinance?
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mardi 2 mars 2010

POURQUOI LES BANQUES FRANCAISES DEVRAIENT SE METTRE A LA MICROFINANCE - WHY FRENCH BANKS SHOULD BE MORE ENGAGED IN MICROFINANCE

Article que nous venons de faire paraitre dans Les Echos du 24 février:
Trois raisons économiques et stratégiques peuvent venir à l'appui d'une implication accrue des banques dans la microfinance en France: Les perspectives commerciales, au moins défensives, d'une offre de services aux personnes précarisées, l'anticipation d'une éventuelle règlementation contraignante,le renouveau dans le métier apporté par ces relations avec le "bottom of the pyramid".
Un signal positif vient d'être donné par l'accord signé entre la Fédération des Banques Françaises et le Réseau France-Active.


http://www.lesechos.fr/info/analyses/020381852227-pourquoi-les-banques-francaises-devraient-se-mettre-a-la-microfinance.htm

An article we published in french paper Les Echos on the 24th of february:
Three economic and strategic reasons for banks commitment in microfinance can be advanced: Opportunity to developp business with disavantaged persons, anticipation of future regulations, reniewing the banking job by adressing the "bottom of the pyramid".
Recent agreement between French Banks Organisation and Microfinance Network "France-Active" give a positive signal.

mercredi 27 janvier 2010

MICROCREDIT, MIRACLE OU DESASTRE?



Je relis l’article de Esther Duflo dans Le Monde du 12 janvier : J’admire son engagement et sa rigueur scientifique dans les études d’impact de la microfinance, mais il me semble que l'on peut aborder la question un peu différemment:

Je distingue deux angles d'examen: L’utilité des créations d’activité d’une part, et la pertinence de leur financement d’autre part. La finance est un moyen, pas une fin (n'est-ce pas messieurs les traders?). C'est la micro-entreprise qui  concourt à la lutte contre les pauvretés. Certes, elle ne peut y suffire, mais il suffit de regarder autour de soi pour s'en convaincre! Or, elle a besoin de financements pour naitre et prospérer.

La question sur le microcrédit devient alors de savoir si, et comment, il concourt efficacement ou non à la création et au développement de micro-activités ; ses impacts sur la réussite des personnes sont  indirects, et dépendants de nombreux autres facteurs.

Ces considérations ne remettent nullement en cause la nécessité d'évaluations d'impact bien conduites comme le fait Esther Duflo, mais amènent à se poser d'aures bonnes questions sur le microcrédit:
L’accès au crédit est-il une condition sine qua non à la création d’activité ?
Y a-t-il suffisamment – ou trop – de fonds disponibles, une offre adaptée ?
L’affectation des fonds est-elle optimisée (screening) ?
etc.

En résumé: Plutôt croire à la micro-entreprise, et étudier la microfinance.


MICROCREDIT: MIRACLE OR DISASTER?
I just read the Ms Esther Duflo’s article posted in “ Le Monde” January 12. I admire her commitment and scientific rigor in impact studies of microfinance but I suggest we should approach the question a bit differently.
 There are two angles: the value of activity creations on one hand, and the adequacy of their funding on the other. Finance is a mean, not end (don’t you gentlemen traders?). Micro-entreprise development is what can contribute to the fight against poverty. It won’t be sufficient of course, but just have a look around and you will be convinced! The point is that she needs finance to be born and prosperous.
So, the question about microcredit becomes whether and how it contributes to micro-activities creation and development; its impacts on the success of people are indirect and dependent on many factors.
These considerations don’t question the need for impact assessments as conducted by Esther Duflo but lead to ask other questions about microcredit:
-         Is access to microcredit a sine qua non prerequisite for business creations?
-         Are there enough – or too much – available funds,  suitable offers?
-         Is the allocation of funds well optimized (screening?)
       etc…
In summary: rather believe in entrepreneurship, and examine the microfinance role.


mercredi 16 décembre 2009

5 ETUDIANTS FRANCAIS A LA GRAMEEN BANK

Eté 2009: Adèle, Mathilde, Céline, Johan et Mathieu font leur stage à la Grameen au Bangladesh. Ils sont membres de l'association d'étudiants "Axé-Sud" à Audencia-Nantes, Ecole de Management.

Ils me font part de leurs impressions et conclusions à leur retour:
-superbe hospitalité et organisation réservées par la Banque à ses nombreux stagiaires
-Les clientes emprunteuses sont heureuses et fières d'avoir pu concrétiser leurs projets grâce à leur groupe et à la Grameen
-Certaines ont des idées de nouvelles initiatives pour l'avenir
-Un bon nombre - mais pas toutes - font état d'une amélioration de leurs conditions de vie
-Le développement de la banque se réalise sur des bases territoriales, par village:Ceci réduit les coûts et les risques. Toutefois, ce n'est pas suffisant pour gommer les effets d'une vive concurrence: le sur-endettement est une vraie menace, et la sinistralité tend à s'alourdir.
-La visite à une filiale en co-entreprise avec une grande société occidentale en agro-alimentaire leur a inspiré de nombreuses questions et son modèle économique ne leur a pas semblé encore probant.

Globalement, leur enthousiasme pour la microfinance est sorti encore renforcé de cette expérience. Deux d'entre eux envisagent d'y effectuer leur début de carrière.Ils apprécient leur partenariat avec notre Chaire en Microfinance et ont des idées supplémentaires sur le rôle de l'Ecole dans ce domaine..

Il est clair que les étudiants - ou du moins certains d'entre eux - sont des vecteurs positifs d'évolution de leurs Ecoles, à Nantes comme ailleurs dans le monde, et que celles-ci apprécient leur implication.
C'est bon signe!

lundi 30 novembre 2009

OBJET SOCIAL ?





La loi définit un établissement de crédit par les activités, les opérations, qu’il effectue, et la réglementation qui lui est applicable : C’est clair et cohérent avec les besoins de contrôle.
Mais c’est également un peu sec et administratif !

Quid des personnes, physiques ou morales, en faveur desquelles sont développées ces opérations ?


Heureusement, certaines banques ont complété l’objet social de leurs statuts sur ce point : Une grande banque commerciale française rédige ainsi : 
« …effectuer (ces opérations ) avec toutes personnes…. »




La question qui se pose alors est de savoir comment interpréter ce texte : Est-ce seulement une latitude, une autorisation que l’on se donne à aller vers tous les types de personnes que l'on aura sélectionnés ?
ou une mission, une obligation à se tourner vers tous, quelques soient leur quartier,leur origine, leur handicap, etc. ?




L’opinion publique va dans ce dernier sens, je crois, ainsi que les pouvoirs publics (Ex : Le droit au compte). Je ne sais si une jurisprudence éclaire le débat.

Mais ce qui est clair à mes yeux, c'est que la véritable RSE* s'exerce au sein même de l'objet social.





A mon avis, si une banque a fait le choix d’être généraliste, elle se grandira – et profitera sans doute – d’une vision large de sa raison d'être,
ce qui ouvre sur les perspectives offertes par la microfinance.


Remarque: A l'inverse, des Institutions de Microfinance, à l'abri de ce cadre règlementaire, peuvent se développer auprès des populations de cadres, fonctionnaires, PME, concurremment avec leur vocation première...C'est un autre débat.



*RSE: Responsabilité Sociale des Entreprises.