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samedi 24 juillet 2010

LES BATAILLES DE LA MICROFINANCE (I)


Dans les combats que mène la Microfinance règne parfois une certaine confusion entre fin et moyens. 

Ne nous y trompons pas : C’est la création de microactivités par des personnes pauvres ou précarisées qui engendre les effets économiques et sociétaux recherchés.

La Microfinance est un moyen et n’est qu’un moyen. Ainsi, lutter pour sa soutenabilité financière est parfaitement légitime pour une IMF mais reste second au regard de sa stratégie.

Celle ci vise fondalement à donner la capacité de créer à des populations qui sans elle en seraient privées, et à procurer à ces créations  les assises financières porteuses de pérennité.

 D’où une bataille sur deux fronts :
-Vaincre un obstacle déterminant à la création d’entreprise, qui est la difficulté d'accès au crédit. La "démocratisation" du crédit contribuera à l’accroissement du nombre de créations.
-Pénétrer le champ des entreprises en cours de création,  leur "vendre" la microfinance, pour apporter par un crédit raisonnable à une proportion d’entre elles bien supérieure à ce qui est constaté (25% en France), l’aisance  d’investissement et de trésorerie qui fera leur succès.

Le bulletin de victoire devrait donc, en France et en Europe, comporter deux volets liés :
-Combien de créations supplémentaires ?
-Quelle proportion de créations  assises sur un microfinancement ?
et dans le temps un troisième aspect : quelle pérennité pour ces entreprises ?

Je me demande si ce ne sont pas là les critères premiers de l’impact de la microfinance?
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jeudi 22 octobre 2009

SATISFAITS et REMBOURSES ..

Quelques premières réflexions après le colloque très réussi de la Caisse des Dépôts et Consignations ce 19 octobre et divers entretiens:
M. de ROMANET, directeur général de la CDC, nous a dit (en substance): Devant l'essor considérable de la création d'entreprises en France, il faut désormais s'attacher davantage à leur pérennité et leur développement.
Un dirigeant d'OSEO nous indiquait que, à son avis, la mise en place des PCE (Prêts à la Création d'Entreprise) avait en son temps dynamisé le mouvement de création d'activités et permis de consolider ces jeunes structures.
J'en conclus:
Nous pouvons être satisfaits devant cette explosion des créations d'activité, mais devons parallèlement rester très volontaires pour armer au mieux ces micro-créations en les équipant de financements raisonnés.

Comment "doper" le taux de 25% d'accès au crédit relevé pour les créations de micro-entreprises, notamment par des personnes précarisées, et le rapprocher des 70% constatés chez les entreprises plus importantes?

vendredi 16 octobre 2009

FROM GROUP LENDING TO LENDING BY A GROUP



From Group Lending to Lending by A Group
By Christophe Villa and Nurmukhammad Yusupov

Theoretical literature on microlending has focused on the case of a single monopolistic MFI despite extensive evidence that multiple banking relationships are widespread among small businesses. Indeed, in France and many other countries, microcredit is being offered in syndication by the local governmental agencies, commercial banks and specialized microfinance institutions at the same time.
This paper develops a theoretical model of microcredit with multiple financial institutions to offer an explanation for the complexity of modern microcredit services. The paper argues that syndication of capital by a specialized MFI, such as France Innitiative (http://www.france-initiative.fr) which offers microfinancing bundled with screening and monitoring tasks, and a traditional financial institution offering capital constitutes Pareto improvement for all participants as opposed to the classical case of a single MFI. The key to the superiority of multiple lender setting is the heterogeneity of the types of financial institutions. A specialized MFI has informational advantage in offering microcredit over non-specialized financial institutions. By teaming up with a non-specialized bank the MFI is able to ease its budget constraints. By taking on junior debt, the MFI is able to increase the interest rate earned on microcredit by lending to the same types of borrowers that it would lend to operating on its own. From the bank's standpoint, by teaming up with the MFI it is able to efficiently outsource monitoring tasks.
Although the discussion in the paper is around financing institutions the idea of the paper applies to a wider variety of institutions. In reality participation in microcredit goes beyond simple provision of capital. For example, there are institutions that participate by providing their expertise, e.g. Micromentor (www.micromentor.org) in the US, or loan guarantees and screening, e.g. France Active (http://www.franceactive.org).
In a broader perspective of economics, the paper is related to the literature on multiple lender financing. It can also be viewed from the standpoint of the literature on cross sector partnership.

jeudi 1 octobre 2009

TROIS VOIES A DEFRICHER ?


Au stade actuel des travaux de notre Programme, je discerne trois voies permettant aux différents acteurs de la microfinance de répondre à la forte demande potentielle en France* :




1) : définir, recenser, suivre, évaluer,... l’activité de microcrédit, l'insertion bancaire... Aujourd’hui, le roi est bien peu vêtu en la matière: comment parler le même langage sans cela?




2) : mieux connaître et comprendre les personnes susceptibles d’être concernées, leurs attentes, représentations, etc. afin de mieux communiquer et adapter l’offre. C'est une question de respect autant que d'efficacité économique.




3) : expérimenter ou utiliser les divers assemblages concevables ou existants entre les rôles des banques et ceux d’organismes spécialisés : financiers ou d’accompagnement, associatifs ou publics**.





Il y a encore d'autres pistes: Ces trois là traduiraient à mes yeux une forme d'intérêt, voire d'engagement, de la communauté financière au sens large.

Mon vœu est que le colloque sur le microcrédit professionnel organisé le 19 octobre par la CDC en partenariat avec le REM et l'AVISE permette d’aborder ces questions.






*: article sur le blog du 2 juin, développé dans la Revue Banque de juillet.
**: « From group lending to lending by a group » par C. Villa et N. Yusupov, consultable sur http://www.microfinance.audencia.com; il sera présenté au 7th PARIS FINANCE INTERNATIONAL MEETTING;

jeudi 23 avril 2009

Visites d'IMFs au Royaume Uni



Dans le cadre de recherche de bonnes pratiques concernant la gestion des risques et afin de découvrir la microfinance dans les pays d’Europe de l’Ouest de façon générale, Christophe Villa et moi-même avons eu la chance d’aller à la rencontre d’institutions de microfinance de l’autre côté de la Manche.

Nous avons ainsi fait la connaissance de Fair Finance qui travaille dans les quartiers défavorisés de Londres puis de First Step, une intsitution de microcrédit nationale en Irlande.

Fair Finance travaille à une échelle locale dans un quartier populaire. L’institution propose des microcrédits personnels (personal loans) et des microcrédits professionnels (business loans) qui représentent un tiers de la valeur du portefeuille total. L’association propose également un accompagnement pour sortir de situation de surendettement. En effet, l’accès au crédit bancaire est un véritable parcours du combattant et c’est ainsi que les échoppes et les prêteurs de porte à porte offrent des crédits à des taux annuels de 100% et même de 1 300% ! par des usuriers permettant les remboursements journaliers.

Que ce soit à Dublin ou à Londres nous avons été frappés par la différence d’approche du microcrédit par rapport au contexte français. La définition du microcrédit professionnel est clairement la suivante : « non bankable ». Les institutions de microcrédit permettent l’accès au crédit aux personnes qui ne peuvent pas avoir de crédit auprès des banques. Les personnes en situation précaire ne constituent pas une cible privilégiée, bien que ce soient souvent elles qui de facto se tournent vers le microcrédit.

First Step ne demande aucune garantie de façon obligatoire et stricte bien qu’elle attende des futurs clients une preuve de leur engagement et de leur motivation grâce à un « apport » personnel (qu’il s’agisse d’une aide sociale, de la souscription à une assurance, d’un bien d’équipement comme une camionnette…). Fair Finance n’exige aucune garantie pour octroyer un prêt, seuls le business plan et la personnalité de l’individu sont pris en compte.
C’est que l’on fait confiance à une personne parce que l’on croit en la réussite de son projet…
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Une vision qui s’explique sans aucun doute par la culture anglo-saxonne de l’entrepreneuriat !

Florence Bacin ,
chargée de mission, Chaire Banque Populaire en Microfinance, Audencia-Nantes.

samedi 7 février 2009

L'AUTOENTREPRENEUR


L'autoentrepreneur qui nous intéresse ici, c'est une personne pauvre qui veut créer son emploi.


Indéniablement, le statut nouveau qui lui est proposé va grandement lui faciliter les choses: Grâces soient rendues à tous ceux (et celles..) qui l'ont permis.

Il faudra traiter avec le temps les questions d'accompagnement et celles soulevées par les artisans: Elles ne m'inquiètent pas à l'excès sur le court terme.


Je crois que ce statut a aussi un objectif d'image, et ce sera très bien si il parvient ainsi à transformer les représentations qui freinent l'émergence de projets.
Il peut y parvenir car les problèmes des petits créateurs ont été manifestement écoutés.
Reste encore à montrer que l'on a compris tout ce qui se passe dans la tête des gens, et qui est fortement influencé par leur situation sociale :


Trouver les mots, les occasions de rencontre,les relais d'information et communication, en direction et à l'écoute des personnes pauvres, en respectant leurs cultures, leurs façons de voir, leurs rêves et leurs craintes: nous sommes au coeur d'une démarche de développement de la microfinance en France.


mercredi 4 février 2009

LA FOLLE JOURNEE A NANTES


La Folle Journée, c'est un évènement de musique classique, de renommée internationale, organisé à Nantes par René Martin.

Il est curieux de l'évoquer sur un blog consacré à la microfinance!

Si j'en parle, c'est parce que y prenait place un atelier de transcriptions, regroupant des jeunes issus de quartiers difficiles, qui ont su nous enthousiasmer par la qualité de leurs productions associant Bach avec le slam, le rock, la techno,etc..

Certains se destineraient à une carrière musicale.
La culture: terrain propice à l'émergence de micro-activités?

mardi 30 décembre 2008

MIEUX COMPRENDRE

Parc Louango - Burkina Faso

Mieux comprendre les raisons de l'écart considérable en France entre la demande potentielle et l'activité constatée*: Notre Chaire a fait réaliser une enquête qualitative sur les freins et leviers au développement de la micro-activité et du microcrédit dans un quartier défévorisé à Nantes.
L'échantillon était modeste, mais la convergence de certaines opinions me semble permettre quelques conclusions hiérarchisant les facteurs.

Le paysage ainsi esquissé s'avère plutôt sombre:

Beaucoup de personnes auraient certes envie de créer leur propre activité, elles ont une bonne opinion des créateurs, mais elles s'expriment sur un mode plus proche du rêve que du projet.
En tout état de cause, elles reculent devant les obstacles, parmi lesquels le premier réside dans l'impossibilité de "savoir à qui s'adresser" malgré - ou à cause de ? - la profusion d'organismes sensés les appuyer.


En outre, elles répugnent à s'engager, avec leur famille, dans les responsabilités d'un emprunt à terme: Le crédit est davantage perçu comme un élément dangereux que comme facteur de consolidation du projet.

Le microcrédit reste pratiquement inconnu. Une fois expliqué, il recueuille toutefois un certain coefficient de sympathie.

Une restitution plus complète des résultats de l'enquête est disponible sur le site http://www.microfinance.audencia.com/ .



Pour ma part, j'en retire le sentiment qu'il conviendrait de s'appuyer davantage sur les sensibilités et les aspirations des personnes susceptibles d'être concernées par la création de leur propre activité.
"Plus la piste est longue, plus compte le premier pas" (proverbe Burkinabe).



*: à consulter: Très bonne étude de l'ADIE sur la demande potentielle en France:
http://www.adie.org/presse/etudesdispo.php

dimanche 28 septembre 2008

Réaction: Article paru dans La Presse


Notre Chaire a publié le 9 septembre un article dont le titre a été malencontreusement modifié et le texte tronqué. Ainsi est-on passé de: "Microfinance: capital-risque contre risques du crédit",
à: "Le microcrédit, une solution dépassée",
ce qui déforme clairement le point de vue des auteurs,
tandis que l'invitation au débat et à la créativité contenue dans la dernière phrase était supprimée.

Je suis partisan de ces travaux de recherche même si leurs conclusions peuvent provoquer, car ils viennent stimuler la réflexion et l' invention: Le papier incriminé avait d'ailleurs déjà fait l'objet d'un "post" dans ce blog.

Sur le fonds, il me semble légitime de s'interroger -et la recherche le fait avec son style propre - sur les avantages d'interventions en fonds propres au bénéfice des micro-entreprises. Au plan pratique, le sujet est complexe nous le savons. d'où l'intérêt d'ouvrir un débat.

Je ne reprends donc pas à mon compte le titre choisi par la revue: La microfinance est loin d'être dépassée, et au contraire nous aimerions la voir beaucoup plus développée en Europe de l'Ouest.

Ne nous trompons pas de combat!