jeudi 23 septembre 2010

A NAGGING QUESTION - UNE QUESTION LANCINANTE




What about activities setting up on a part,  and microcredit on the other ?

Of course, microfinance aim is to provide the financial product so as to enable a small business setting up: Microcredit is a sine qua non requirement in many cases.

But we can have other questions:
Why are there so many new businesses built up whithout any credit, all over the world?
Would young enterprises get some more healthy future if credit provided?
Does anyone can prove poor people created activities do not need as much credit as others?

I just believe we have to work hard yet before microcredit policies phrasing.
May be any one would give his or her ideas?





QUELS SONT LES LIENS ENTRE  CREDIT ET  CREATION D’ACTIVITE ?

Bien sûr, le premier lien est celui de la condition sine qua non : C’est le fondement même de la microfinance que de rendre possibles des réalisations qui, sans crédit au départ, ne pourraient pas voir le jour.
Je situe dans le même ordre d’idées l’influence déterminante du microcrédit lorsqu’il permet à une personne d’échapper à la domination excessive de tiers : usuriers, fournisseurs, etc.

Mais on peut réfléchir à d’autres questions :
Pourquoi le taux d’accès au crédit dans les créations d’entreprises est-il aussi divers selon les régions en France ( de 25 à 54% des nombres de créations selon l’INSEE) ?
Y a-t-il un lien entre l’apport du crédit et la pérennité de l’entreprise ? entre le taux d’accès et le nombre de créations ?
Peut-on soutenir que certaines activités, fréquentes chez les créateurs pauvres ou précarisés, ont moins besoin de crédit que d’autres ?

En fait, on n’y voit pas si clair que cela, et il manque des fondements à la construction d’une politique du microcrédit professionnel.

Mais peut-être quelqu’un saurait-il éclairer le débat ?

lundi 23 août 2010

La parabole des compagnons - Les batailles de la microfinance (3)

Le premier compagnon rapporta sa moisson de renseignements: ZENO* vit mieux le chemin à suivre pour progresser dans le champ tenu par l'alliance FAITIS*.
Le deuxième le complimenta et l'assura de son soutien et de son amitié.
Le troisième lui tint leçon sur les grands préceptes du marketing moderne.
Le journée ainsi avancée, ZENO quitta ses accompagnateurs en les remerciant et alla voir ses clients potentiels.

*: Cf le post précédent:" Les batailles de la Microfinance (2)" .

jeudi 5 août 2010

LES BATAILLES DE LA MICROFINANCE (2)




On peut assimiler un créateur pauvre au combattant pour sa survie ou pour un gain décisif à ses yeux.

Appelons  ZENO la personne pauvre, ou plutôt la population pauvre, qui cherche à « s’en sortir » par création d’une activité économique.
Elle  doit déclarer une sorte de guerre à tous les obstacles qui se dressent sur sa route, que l’on nommera globalement l’ alliance FAITIS.

Aborder  la question sous un angle guerrier conduit à s’interroger sur les stratégies des adversaires :
ZENO veut gagner du terrain, alors que FAITIS cherche le statu quo.
ZENO a besoin d’un maximum de renseignements, de bien comprendre la position de FAITIS, ainsi que ses propres atouts et points de faiblesse à cet égard.
Compte tenu du rapport des forces, qui joue en sa défaveur, mais aussi de son rôle d’attaquant, la meilleure stratégie pour ZENO sera de faire la guerre sans la déclarer, de retourner certains membres de l’alliance, de se chercher des alliés, de se montrer très mobile et progresser par étapes, en sorte que FAITIS retirera  ses troupes.

La microfinance doit être analysée comme un élément clé de sa logistique.

Vue de l’esprit ? analogie douteuse ? vaine rhétorique ?
La simplification d’un post est vite abusive, mais à mon sens apparaît ici  une piste de réflexion que ne renieraient pas les sciences économiques.  

samedi 24 juillet 2010

LES BATAILLES DE LA MICROFINANCE (I)


Dans les combats que mène la Microfinance règne parfois une certaine confusion entre fin et moyens. 

Ne nous y trompons pas : C’est la création de microactivités par des personnes pauvres ou précarisées qui engendre les effets économiques et sociétaux recherchés.

La Microfinance est un moyen et n’est qu’un moyen. Ainsi, lutter pour sa soutenabilité financière est parfaitement légitime pour une IMF mais reste second au regard de sa stratégie.

Celle ci vise fondalement à donner la capacité de créer à des populations qui sans elle en seraient privées, et à procurer à ces créations  les assises financières porteuses de pérennité.

 D’où une bataille sur deux fronts :
-Vaincre un obstacle déterminant à la création d’entreprise, qui est la difficulté d'accès au crédit. La "démocratisation" du crédit contribuera à l’accroissement du nombre de créations.
-Pénétrer le champ des entreprises en cours de création,  leur "vendre" la microfinance, pour apporter par un crédit raisonnable à une proportion d’entre elles bien supérieure à ce qui est constaté (25% en France), l’aisance  d’investissement et de trésorerie qui fera leur succès.

Le bulletin de victoire devrait donc, en France et en Europe, comporter deux volets liés :
-Combien de créations supplémentaires ?
-Quelle proportion de créations  assises sur un microfinancement ?
et dans le temps un troisième aspect : quelle pérennité pour ces entreprises ?

Je me demande si ce ne sont pas là les critères premiers de l’impact de la microfinance?
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jeudi 1 juillet 2010

EMN à LONDRES (2): ET LES BANQUES? WHAT ABOUT BANKS?


Deuxième thème prégnant dans les débats de la Conférence annuelle du REM, après et avec la Finance Inclusive dont j’ai déjà parlé.

Il y a sans doute un certain consensus dans l’analyse :  "only with the banks involvement can the  development of the sector be further accelerated" (Cindy Fökerer,Entreprise and Industry Directorate General, EU Commission, No 7 EMN bi-annual magazine).
Je souscris pleinement et me suis exprimé antérieurement – avec force parait-il... – sur le sujet.

Les questionnements se portent alors sur les partenariats banques/IMFs :
-Les IMFs n’ont guère envie de se retrouver dans la position des bonnes sœurs dévouées et pionnières, progressivement sorties du monde hospitalier par la professionnalisation de celui-ci !
-Les banques ne manifestent pas un appétit évident pour une implication directe sur cet étrange marché.
-Et pourtant, beaucoup parmi les acteurs considèrent que dépasser le simple refinancement des IMFs par les banques, grâce à ces partenariats, est la voie du succès.
-Par ailleurs,certains se demandent qui supportera les coûts correspondant à l’externalisation de  tâches  plutôt bancaires vers les IMFs ou les associations, ou comment se répartiront les risques.

A mon avis, c’est le développement supplémentaire attendu de ces coopérations qui représente l’intérêt commun des parties et doit permettre de régler des clivages vite stériles. C’est également l’intérêt général, porté par les Pouvoirs Publics, que de jouer cette carte.

Chiche!



samedi 26 juin 2010

CONFERENCE ANNUELLE DU REM

Je sors de la rencontre annuelle du Réseau Européen de la Microfinance à Londres.
Organisation sans faille et sympathique.

Un premier point m'a marqué: On parle désormais couramment de "Finance inclusive": Cela me convient bien, car notre Chaire a décidé d'adopter ce concept.
Une des conséquences, c'est que l'épargne inclusive vient à l'ordre du jour des préoccupations des IMFs, qui en soulignent l'intérêt économique et social, mais...
beaucoup vont se heurter à un problème sérieux concernant leur capacité propre et règlementaire à collecter des ressources de particuliers.

On nous a expliqué que "poor people can and do save". Cela m'a rappelé une ancienne étude de la Cofremca montrant que la propension à épargner était deux fois plus développée chez les personnes de niveau de vie modeste au regard de leurs revenus.
Au Burkina Faso, une épargne préalable de 10% du prêt est exigée d'un emprunteur et sert de garantie au prêt: appréciation de la propension à tenir un engagement et maitriser son budget, effet ultérieur sur le "moral hazard". On pense aussi aux dispositifs d'épargne-crédit  logement en France.


Donc: Une très bonne approche d'une Finance tournée vers l'inclusion des personnes pauvres, mais qui ne pourra guère prendre son plein essor sans les banques.

jeudi 10 juin 2010

L'AIDE FATALE

Je viens de terminer le livre de Dambisa Moyo, publié chez JC Lattès en français.
Le sous-titre est suffisamment évocateur: "Les ravages d'une aide inutile et de nouvelles solutions pour l'Afrique".
Certes, le chapitre consacré à la Microfinance est relativement cursif, mais bien argumenté; il y est même esquissé une réponse aux principales critiques faites au microcrédit.
A lire!

mercredi 19 mai 2010

LA RECHERCHE-ACTION

Je suis de retour après un long voyage.
Ce fut l'occasion de prendre un peu de recul et de m'interroger sur le rôle de la recherche-action en microfinance:
Deux conclusions convergentes:
-Dans cette période de crise profonde, les enseignants-chercheurs  ont  vocation à éclairer le paysage, aider les décideurs et les jeunes générations à comprendre les phénomènes et positionner leur réflexion sur le long terme.Surtout lorsqu'ils coopèrent avec des praticiens pour proposer des travaux utilisables.
-La microfinance offre des perspectives nouvelles à l'organisation de la société, en ce qu'elle associe entrepreneuriat et pauvreté, développement de la personne et réussite socio-économique.

Il y a de quoi être enthousiaste!
 Qu'en pensez-vous?

vendredi 19 mars 2010

CGAP AND SAVINGS - LE CGAP ET L'EPARGNE

CGAP writes how committed they are about development of "domestic, deposit-driven financial markets".
Of course they are right, for IMFs' sustainibility, and poor people inclusion.
One of the more important Burkina Faso IMFs is doing so.

BUT:You have to look at the regulation rules implemented in the context: If no, you can see an IMF collecting money from poor people just to lend it to the private owner of the institution, as I saw in Cameroun.

And a good balance is not so easy to find: In Romania, most IMFs have to focus their market on small sized enterprises rather than on poor people' ones, because of the regulation constraints.

SO, let's have a very accurate study of this very important question, as we try to do in our Chair.

lundi 15 mars 2010

ESPOIR EN FRANCE ? - HOPE IN FRANCE ?

http://www.lesechos.fr/journal20100315/lec2_finance/020414560639.htm?xtor=EPR-1007-[AlerteTousLesTitres]-20100315

Les Echos de ce jour: Un volet microcrédit ajouté au projet de loi sur le crédit à la consommation:
Certes certains chiffres avancés semblent sujets à caution, et les mesures envisagées encore incertaines.
Mais j'en retiens surtout que l'Etat Français a conscience des enjeux et perspectives d'un nouveau développement du microcrédit dans le cadre de la crise sociale et du rôle que peuvent y jouer les banques aux côtés des associations spécialisées.

Espérons!

mardi 2 mars 2010

POURQUOI LES BANQUES FRANCAISES DEVRAIENT SE METTRE A LA MICROFINANCE - WHY FRENCH BANKS SHOULD BE MORE ENGAGED IN MICROFINANCE

Article que nous venons de faire paraitre dans Les Echos du 24 février:
Trois raisons économiques et stratégiques peuvent venir à l'appui d'une implication accrue des banques dans la microfinance en France: Les perspectives commerciales, au moins défensives, d'une offre de services aux personnes précarisées, l'anticipation d'une éventuelle règlementation contraignante,le renouveau dans le métier apporté par ces relations avec le "bottom of the pyramid".
Un signal positif vient d'être donné par l'accord signé entre la Fédération des Banques Françaises et le Réseau France-Active.


http://www.lesechos.fr/info/analyses/020381852227-pourquoi-les-banques-francaises-devraient-se-mettre-a-la-microfinance.htm

An article we published in french paper Les Echos on the 24th of february:
Three economic and strategic reasons for banks commitment in microfinance can be advanced: Opportunity to developp business with disavantaged persons, anticipation of future regulations, reniewing the banking job by adressing the "bottom of the pyramid".
Recent agreement between French Banks Organisation and Microfinance Network "France-Active" give a positive signal.

jeudi 18 février 2010

FONDS PROPRES:DISCUSSION - ARGUING ABOUT EQUITIES


JFM** : que diriez-vous d’un genre d’association avec un groupe de personnes apportant un peu d’argent ?
MT* : je ne connais pas ce système. La banque va me faire un prêt et j’ai mes petites économies : Ca devrait aller. De toutes façons, même avec une simple clé à molette, je me lance ! Je veux travailler et nourrir ma famille.  Mais j’aimerais bien quelqu’un pour m’aider sur toute la paperasse.
Et puis, je veux rembourser, pas un système de subvention.

Plus tard :
MT : C’est un peu bizarre cette idée, et je ne devrais pas en avoir besoin.
JFM : OK, vous n’êtes pas intéressé. Il sera toujours temps d’en reparler si vous voulez faire un investissement  un jour.
MT :Eh bien, je comprends  qu’il y ait partage des bénéfices. Mais si il y a des pertes, c’est à moi de les supporter. C’est vrai aussi qu’une bonne trésorerie, ça aide, pour approvisionner un chantier par exemple. Mais comment ça marche ce système ? il faut bien discuter ?: quel est l’ intérêt pour les intervenants,  la durée, etc. Ce que j’aimerais le plus, ce serait que ces gens parlent de moi autour d’eux pour que je trouve des marchés.
JFM : Je pense qu’il y a des formules simples pour tout cadrer (prêts participatifs, par ex. ). L’état d’esprit des intervenants, c’est de  consolider une création,  dans la vérité économique par l’association aux résultats. Trop de petites entreprises disparaissent par manque d’un matelas de sécurité. Il faudra bien sûr qu’ils récupèrent leur argent un jour.
MT : Bon, ç’est vrai que ça peut quand même être intéressant, il faut voir.

Conclusion provisoire : JFM va mettre MT. en contact avec l’un des intervenants potentiels pour approfondir  le sujet.
 A suivre…

* :MT est ouvrier plombier chauffagiste, d’origine maghrébine, en France depuis 5 ans.
Il habite avec sa famille ( 3 enfants ) le quartier défavorisé de Malakoff à Nantes.
Il est demandeur d’emploi et a beaucoup travaillé en interim.
Il vient de se mettre à son compte, avec 2K euros d’économies.
** :JFM : C’est votre serviteur…Un petit groupe d’amis se dit prêt à étudier un premier investissement de l’ordre de 2/3 K euros.

mercredi 27 janvier 2010

MICROCREDIT, MIRACLE OU DESASTRE?



Je relis l’article de Esther Duflo dans Le Monde du 12 janvier : J’admire son engagement et sa rigueur scientifique dans les études d’impact de la microfinance, mais il me semble que l'on peut aborder la question un peu différemment:

Je distingue deux angles d'examen: L’utilité des créations d’activité d’une part, et la pertinence de leur financement d’autre part. La finance est un moyen, pas une fin (n'est-ce pas messieurs les traders?). C'est la micro-entreprise qui  concourt à la lutte contre les pauvretés. Certes, elle ne peut y suffire, mais il suffit de regarder autour de soi pour s'en convaincre! Or, elle a besoin de financements pour naitre et prospérer.

La question sur le microcrédit devient alors de savoir si, et comment, il concourt efficacement ou non à la création et au développement de micro-activités ; ses impacts sur la réussite des personnes sont  indirects, et dépendants de nombreux autres facteurs.

Ces considérations ne remettent nullement en cause la nécessité d'évaluations d'impact bien conduites comme le fait Esther Duflo, mais amènent à se poser d'aures bonnes questions sur le microcrédit:
L’accès au crédit est-il une condition sine qua non à la création d’activité ?
Y a-t-il suffisamment – ou trop – de fonds disponibles, une offre adaptée ?
L’affectation des fonds est-elle optimisée (screening) ?
etc.

En résumé: Plutôt croire à la micro-entreprise, et étudier la microfinance.


MICROCREDIT: MIRACLE OR DISASTER?
I just read the Ms Esther Duflo’s article posted in “ Le Monde” January 12. I admire her commitment and scientific rigor in impact studies of microfinance but I suggest we should approach the question a bit differently.
 There are two angles: the value of activity creations on one hand, and the adequacy of their funding on the other. Finance is a mean, not end (don’t you gentlemen traders?). Micro-entreprise development is what can contribute to the fight against poverty. It won’t be sufficient of course, but just have a look around and you will be convinced! The point is that she needs finance to be born and prosperous.
So, the question about microcredit becomes whether and how it contributes to micro-activities creation and development; its impacts on the success of people are indirect and dependent on many factors.
These considerations don’t question the need for impact assessments as conducted by Esther Duflo but lead to ask other questions about microcredit:
-         Is access to microcredit a sine qua non prerequisite for business creations?
-         Are there enough – or too much – available funds,  suitable offers?
-         Is the allocation of funds well optimized (screening?)
       etc…
In summary: rather believe in entrepreneurship, and examine the microfinance role.