
samedi 18 juillet 2009
MICROFINANCE BANANA SKINS - ACTE II

dimanche 7 juin 2009
MILAN : Conférence de l'EMN
Toujours une excellente ambiance, épaulée par la présence de nombreux jeunes pleins d'enthousiasme. Une organisation conviviale et sans faille. Et des rencontres individuelles pleines d'intérêt.
D'où vient ce sentiment de "déja vu"?
Le thème central est la croissance de la microfinance en Europe de l'Ouuest, mais l'on continue à beaucoup discuter de "subsidy versus sustainibility" et l'on s'interroge relattivement peu sur les raisons de la trop faible activité actuelle, sur les attentes spécifiques des clients potentiels, sur les chemins menant au contact avec la "base de la pyramide", etc.
Conclusion:
mardi 2 juin 2009
DES CHIFFRES SVP !
C'est bien simple:Elle s'élève à près de 120 000 prêts par an à des personnes précarisées créant leur entreprise.
A comparer à une offre actuelle un peu supérieure à 30 000.
Le constat est probablement du même ordre dans l'ensemble de l'Europe de l'Ouest.
Voila, j'espère avoir répondu pour partie. Il y aurait beaucoup à dire, sur les causes, sur les solutions possibles, etc. L'étude sera prochainement intégrée au Site http://www.microfinance.audencia.com/.
vendredi 29 mai 2009
FORTE DEMANDE POTENTIELLE EN FRANCE
J'ai souvent évoqué cette question dans le Blog. Aujourd'hui, l'équipe de notre Programme de Recherche-Action en Microfinancements a développé une méthode d'estimation, qui confirme largement l'intuition initiale (partagée par de nombreux acteurs):
A considérer les prêts professionnels inférieurs à 25 Keuros en création d'activité par des personnes précarisées, les réalisations actuelles mériteraient en théorie d'être multipliées par 4!
Bien sûr, toutes les hypothèses sont discutables, mais ce travail nous incite à approfondir les questions sur le "pourquoi" et le "comment": comment faire progresser plus rapidement les chiffres?
Pour ma part, je ne vois pas d'obstacle insurmontable dans le "pourquoi", et je crois que la solution au "comment" passera par une implication accrue des banques, conscientes de leurs responsabilités et coopérant avec les organismes spécialisés comme l'Adie.
La crise actuelle peut-elle provoquer une réaction positive?
jeudi 23 avril 2009
Visites d'IMFs au Royaume Uni
Nous avons ainsi fait la connaissance de Fair Finance qui travaille dans les quartiers défavorisés de Londres puis de First Step, une intsitution de microcrédit nationale en Irlande.
Fair Finance travaille à une échelle locale dans un quartier populaire. L’institution propose des microcrédits personnels (personal loans) et des microcrédits professionnels (business loans) qui représentent un tiers de la valeur du portefeuille total. L’association propose également un accompagnement pour sortir de situation de surendettement. En effet, l’accès au crédit bancaire est un véritable parcours du combattant et c’est ainsi que les échoppes et les prêteurs de porte à porte offrent des crédits à des taux annuels de 100% et même de 1 300% ! par des usuriers permettant les remboursements journaliers.
Que ce soit à Dublin ou à Londres nous avons été frappés par la différence d’approche du microcrédit par rapport au contexte français. La définition du microcrédit professionnel est clairement la suivante : « non bankable ». Les institutions de microcrédit permettent l’accès au crédit aux personnes qui ne peuvent pas avoir de crédit auprès des banques. Les personnes en situation précaire ne constituent pas une cible privilégiée, bien que ce soient souvent elles qui de facto se tournent vers le microcrédit.
First Step ne demande aucune garantie de façon obligatoire et stricte bien qu’elle attende des futurs clients une preuve de leur engagement et de leur motivation grâce à un « apport » personnel (qu’il s’agisse d’une aide sociale, de la souscription à une assurance, d’un bien d’équipement comme une camionnette…). Fair Finance n’exige aucune garantie pour octroyer un prêt, seuls le business plan et la personnalité de l’individu sont pris en compte.
C’est que l’on fait confiance à une personne parce que l’on croit en la réussite de son projet…
Florence Bacin ,
jeudi 26 mars 2009
VISITES A DES IMFs EN AFRIQUE
Notre Programme de Recherche-Action en Microfinancements a engagé une enquête sur les bonnes pratiques en maîtrise des risques (facteur prédominant de viabilité financière d'une IMF).
Je rentre de 3 visites en Afrique sub-sahélienne: Un grand merci aux Institutions qui ont bien voulu nous recevoir. J'espère que le rendu des travaux saura les intéresser.
Avant cela, j'ai noté quelques remarques générales:
1: l'intensification, un peu partout, des relations avec les femmes commerçantes. Leurs besoins sont modestes mais leur nombre important. Par ailleurs,je retrouve une des dames tisseuses dont j'avais suivi la création d'une société de caution mutuelle: Elles ont pu adopter des métiers à tisser de bonne largeur, progresser dans la qualité des teintures et des motifs: Les ventes sont bonnes, elles remboursent sans le moindre incident: à ses yeux, le microcrédit a joué le rôle de facteur déclenchant le progrès.
2: a contrario: "Institution de Microfinance" ne rime pas totalement avec "activités de microfinancement":
Les IMFs s'appuient sur des ciblages de clientèles (fonctionnaires, salariés, PME,..) , et des montants unitaires, qui débordent du microcrédit à de tous petits entrepreneurs pauvres. On me dit par exemple: "L'urbain paye pour le rural", ce que je comprends aisément.
Mais cela rend plus prudent quand aux chiffres mondiaux de la microfinance.
3: la dépendance à l'égard des banques commerciales: les IMFs ont besoin des banques - de plus en plus concurrentes - pour leurs refinancements bien sûr, mais aussi leurs placements, et les services à la clientèle tels la compensation des chèques. Un groupe d'importantes IMFs construit une Confédération qui pourrait bien marquer une étape dans l'évolution du secteur.
Pardon d'être aussi long, mais ces visites sont une vraie chance de s'enrichir mutuellement!
samedi 7 février 2009
L'AUTOENTREPRENEUR

mercredi 4 février 2009
LA FOLLE JOURNEE A NANTES

mardi 30 décembre 2008
MIEUX COMPRENDRE
Mieux comprendre les raisons de l'écart considérable en France entre la demande potentielle et l'activité constatée*: Notre Chaire a fait réaliser une enquête qualitative sur les freins et leviers au développement de la micro-activité et du microcrédit dans un quartier défévorisé à Nantes.
Le paysage ainsi esquissé s'avère plutôt sombre:
Beaucoup de personnes auraient certes envie de créer leur propre activité, elles ont une bonne opinion des créateurs, mais elles s'expriment sur un mode plus proche du rêve que du projet.
En tout état de cause, elles reculent devant les obstacles, parmi lesquels le premier réside dans l'impossibilité de "savoir à qui s'adresser" malgré - ou à cause de ? - la profusion d'organismes sensés les appuyer.
Le microcrédit reste pratiquement inconnu. Une fois expliqué, il recueuille toutefois un certain coefficient de sympathie.
Une restitution plus complète des résultats de l'enquête est disponible sur le site http://www.microfinance.audencia.com/ .
Pour ma part, j'en retire le sentiment qu'il conviendrait de s'appuyer davantage sur les sensibilités et les aspirations des personnes susceptibles d'être concernées par la création de leur propre activité.
"Plus la piste est longue, plus compte le premier pas" (proverbe Burkinabe).
*: à consulter: Très bonne étude de l'ADIE sur la demande potentielle en France:
http://www.adie.org/presse/etudesdispo.php
samedi 20 décembre 2008
DECISIONS POUR UN PROGRAMME
Le constat s'avère plutot encourageant: Deux années de travaux scientifiques pour étudier l'application à la microfinance des théories économiques modernes ont permis au travers de divers "papiers" d'en cerner certaines spécificités marquantes et une partie des facteurs-clé de succès, tandis qu'était lancée avec l'Adie et la Banque Populaire Atlantique une expérimentation originale sur un quartier défavorisé à Nantes.
Pour 2009, le focus sera mis sur les voies de développement de la micro-activité et du microcrédit en France, en conservant un bon support académique ainsi que l'éclairage des réalisations dans le monde. Un effort de communication sera entrepris, notamment via le Site http://www.microfinance.audencia.com/.
Ce Programme est original à bien des égards: fondé sur un partenariat entre une Grande Ecole et un Groupe Bancaire, il fait appel tant à des chercheurs qu'à des praticiens, et vise à des résultats aussi bien opérationnels que académiques.
Dans l'actualité financière économique et sociale , ses membres sont extrèmement déterminés à "pousser les feux",
et veulent croire à une année 2009 propice aux micro-entrepreneurs pauvres en France et dans le monde!
lundi 8 décembre 2008
M. YUNUS, M. HIRSCH, et HEC: "Quand la mer monte, tous les bateaux montent"?


Ce 6 décembre, le théatre Marigny est plein à craquer. HEC lance sa chaire "Social Business / Entreprise et Pauvreté", co-présidée par Martin HIRSCH et Le professeur YUNUS, qui nous racontent des choses passionnantes dans le contexte de crise financière.
J'en retiens surtout ( en vrac):
"Quand la mer monte, tous les bateaux montent"? Hmm...Le libéralisme économique a certes généré une prospérité assez généralisée, mais débouche sur une crise grave, qui affectera principalement les plus pauvres.
La micro-activité et le microcrédit sont enfants du libéralisme, qui prône l'esprit d'entreprise, tout en affichant leur spécificité: leur formidable développement repose historiquement sur un objectif double, à la fois économique ET social: M. Yunus propose le concept de "business social": la performance au bénéfice de tous. Un exemple pour une future version du libéralisme?
Dans la crise, ce sont les plus prestigieuses institutions financières qui ont disparu, pas les IMFs. Il est encore trop tôt pour les imaginer à l'abri de la contagion, mais on peut, face à la faillite des exigences règlementaires et des systèmes de contrôle, se demander où la confiance est la mieux placée? précisément, la gestion à double objectif économique ET social se révéle un excellent garant vis à vis des épargnants.
Le microcrédit, c'est le contraire des subprimes: Il s'agit de financer l'initiative économique des pauvres, et pas leur sur-endettement spéculatif !
Mais laissons au microcrédit son humilité, sa discrétion, sa souplesse, sa créativité.
Et sa simplicité.
Une grande ovation clôture la séance; ces thèmes mobilisent un public ouvert et soucieux d'agir dans la crise!
Autre chose: C'est un vrai plaisir de vous annoncer l'ouverture du Site de notre Chaire en Microfinance: www.microfinance.audencia.com (cf lien ci-joint).
Bonne visite,
et joyeux noël!
samedi 15 novembre 2008
Entretien avec Farida Abid: Une personalité!

Farida nous a livré son point de vue sur la création d’ auto-emplois en quartier difficile :
« Beaucoup de personnes subissent les évènements de la vie sans être acteurs de leur sort et vivent dans la méfiance : En exemple, ces volets éternellement clos de familles pourtant en France depuis des dizaines d’années…
Les structures sociales ne sont pas toujours bien perçues : relation infantilisante, manque d’aptitude à discerner un projet sérieux d’autonomie. Elle en a fait l’expérience.
Les associations sont plutôt dans le quotidien, le lien social, le dépannage.
Une piste : Les mamans, certes peu ouvertes sur l’environnement, mais solides et portant la valeur travail.
Il y a une demande latente, mais les gens auraient besoin d’un référent de confiance, désintéressé, humble, capable de leur ouvrir l’envie de créer leur propre emploi et ensuite de les aider dans les démarches administratives. »
Point de vue qui donne à réfléchir ! Surtout lorsqu’on le rapproche des études sur cette demande potentielle en France, qui pourrait être estimée à cinq fois les réalisations annuelles de microcrédits.Une note d’espoir tout de même : L'activité se développe à un rythme soutenu.
Crédit photo: Philippe Anessaut
dimanche 28 septembre 2008
Réaction: Article paru dans La Presse
Notre Chaire a publié le 9 septembre un article dont le titre a été malencontreusement modifié et le texte tronqué. Ainsi est-on passé de: "Microfinance: capital-risque contre risques du crédit",
à: "Le microcrédit, une solution dépassée",
ce qui déforme clairement le point de vue des auteurs,
tandis que l'invitation au débat et à la créativité contenue dans la dernière phrase était supprimée.
Je suis partisan de ces travaux de recherche même si leurs conclusions peuvent provoquer, car ils viennent stimuler la réflexion et l' invention: Le papier incriminé avait d'ailleurs déjà fait l'objet d'un "post" dans ce blog.
Sur le fonds, il me semble légitime de s'interroger -et la recherche le fait avec son style propre - sur les avantages d'interventions en fonds propres au bénéfice des micro-entreprises. Au plan pratique, le sujet est complexe nous le savons. d'où l'intérêt d'ouvrir un débat.
Je ne reprends donc pas à mon compte le titre choisi par la revue: La microfinance est loin d'être dépassée, et au contraire nous aimerions la voir beaucoup plus développée en Europe de l'Ouest.
Ne nous trompons pas de combat!
lundi 22 septembre 2008
L'EUROPE AVANCE AUSSI
La Commission Européenne présente son "Initiative pour le Développement du Microcrédit": C'est indéniablement une reconnaissance de l'importance du secteur au regard de la stratégie de Lisbonne avec mise en place de moyens nouveaux, plus particulièrement tournés vers les Institutions de Microfinance.
Une question: Pourquoi les réalisations de microcrédits en Europe de l'Ouest demeurent-elles aussi modestes en nombre? En analysant mieux les facteurs explicatifs, ne pourrait-on améliorer la portée des diverses "initiatives"?
Nous allons modestement prendre celle de lancer une étude dans le cadre de notre Programme de Recherche-Action (cf le post 1).
Moment d'émotion lorsqu'est annoncé le départ de Maria Novak de sa charge de Présidente de ce Réseau, qu'elle a fondé.
vendredi 25 juillet 2008
MYRIAM avance
Myriam a 2 enfants, dont une fille à la Fac; elle-même est quasiment analphabète, et a poussé ses enfants à l'Ecole.
Il y a quelques années, elle a, sur demande de sa fille qui effectuait un stage dans une manifestation culturelle, approvisionné celle dernière en gâteaux marocains: Devant les félicitations et les encouragements, elle s'est lancée en proposant ses gâteaux aux stations du tramway, avec un cadie.
Ensuite, elle s'est fait accepter sur quelques marchés, ce qui l'a amenée à demander et obtenir un microcrédit de l'Adie pour l'achat d'une voiture d'occasion et d'un petit étal.
Un problème lancinant: Le logement: Cher (700 euros) et malcommode (cuisine exigüe pour la fabrication des gâteaux et l'entreposage des matières premières, qu'elle fait venir de son pays).
Un projet:Franchir une nouvelle étape, avec l'investissement dans un camion de marché.
Une difficulté: Elle ne peut se débrouiller seule avec les imprimés et papiers de toute sorte.
Un espoir: Elle m'explique qu'elle commence à avoir une clientèle régulière de particuliers et quelques restaurateurs; elle est à jour de ses échéances de prêt, lequel arrive en fin de remboursement..
Conclusion: On va organiser un nouveau contact avec l'Adie, ainsi qu'avec la Banque Populaire, qui souhaite développer ses interventions en microfinancements dans le cadre de l'expérimentation sur le quartier.
Je trouve ce parcours très encourageant pour notre démarche!
L'identité réelle de Myriam a été occultée dans cet article.